Réutiliser d'anciens essais CPT : quand est-ce permis et où les trouver ?
Pour une extension, une surélévation ou une rénovation intérieure, une nouvelle reconnaissance de sol n'est pas toujours nécessaire : bien souvent, des essais de pénétration statique ont déjà été réalisés à proximité de la parcelle. Reste à savoir si cet ancien essai est utilisable pour votre étude — et comment le transformer d'un scan jauni en quelque chose que votre logiciel peut exploiter.
Où trouver des essais CPT existants ?
- DINOloket / BROloket — l'archive publique néerlandaise du sous-sol, gérée par TNO, contient des centaines de milliers d'essais CPT, souvent en GEF ou sous forme de graphique scanné. Depuis la création du registre national du sous-sol (Basisregistratie Ondergrond, 2018), les nouveaux essais doivent obligatoirement y être livrés.
- Les archives de la construction de la commune — le permis de construire d'origine s'accompagne presque toujours d'une étude de fondation avec des essais CPT, exactement à l'emplacement du bâtiment.
- Vos propres archives de projet ou le maître d'ouvrage — rénovations antérieures, bâtiments voisins, ou le cahier des charges d'origine.
Quand la réutilisation est-elle justifiée ?
Dans la plupart des endroits, le profil de sol ne change guère à l'échelle de quelques décennies ; un essai de 1975 décrit généralement encore très bien la couche de sable. L'âge n'est pourtant pas le seul critère. Évaluez au cas par cas :
- La distance à la nouvelle charge. L'essai se situe-t-il sur le site de construction ou juste à côté, ou à des dizaines de mètres ? Dans les zones à dépôts de chenaux notamment, la stratification peut varier fortement sur de courtes distances.
- La profondeur. L'essai descend-il nettement au-delà du niveau de pointe de pieu envisagé ? Un essai qui s'arrête juste dans la couche porteuse dit peu de chose sur d'éventuelles couches molles intercalées plus profondes.
- Les modifications depuis lors. Y a-t-il eu excavation, remblaiement, ou le niveau de la nappe a-t-il changé de façon structurelle (par exemple par abaissement du niveau d'eau du polder) ? Les niveaux et le frottement négatif peuvent alors ne plus être corrects.
- La cohérence. Plusieurs essais autour du site donnant la même image sont ensemble plus probants qu'un seul point isolé.
En cas de doute, ou s'il s'agit d'un ouvrage important ou à risque, une nouvelle reconnaissance est le seul bon choix. Pour une extension légère avec une augmentation limitée de la charge, un bon essai existant constitue toutefois souvent une base suffisante — à condition de consigner sa provenance et vos considérations dans votre étude.
Du scan au fichier de calcul
Les anciens essais issus des archives sont presque toujours des images : un graphique scanné sans données sous-jacentes. Pour pouvoir calculer, numérisez la courbe de résistance de pointe et exportez en GEF. Points d'attention :
- Le niveau de référence. Les anciennes planches expriment l'axe de profondeur tantôt en m NAP (le référentiel altimétrique néerlandais), tantôt en m sous le niveau du terrain naturel. Vérifiez ce qui est indiqué et reportez le niveau du terrain naturel dans votre export.
- L'unité de qc. Les planches antérieures à ± 1980 utilisent parfois des kgf/cm² au lieu de MPa (facteur ~10).
- La vérification a posteriori. Tracez le fichier GEF à côté du scan original et contrôlez les transitions de couches.
La numérisation elle-même ne doit pas prendre un après-midi : dans ce guide pas à pas, nous montrons comment passer du scan au GEF en quelques minutes avec le CPT Converter. Pourquoi c'est surtout la courbe qc qui compte, vous le lirez dans l'article sur la résistance de pointe et les calculs de pieux.